(avec) Aliette de Panafieu




(ME) JUSTIFIER
Sous prétexte d’expliquer


Quand j’explique pourquoi j’ai commis telle erreur ( organisation, trajet, horaires… ) j’espère bénéficier de l’indulgence de ceux qui ont pu en être gênés.

Si je me justifie, c’est probablement que je me sens coupable.

En donnant des précisions sur les intentions de mon acte, sans doute ai-je le souhait d’être pardonné·e. Si l’autre me « comprend », peut-être m’en voudra-t-il moins de ma faute à son égard : « Comprends-moi s’il te plaît, et ne me tiens pas rigueur de ma négligence ou de mon retard ! ».

Peut-être ai-je aussi l’illusion d’ainsi atténuer la frustration de mon ami quand je refuse son invitation : « Non je ne viendrai pas à ta fête et je vais te donner les raisons de mon choix, ainsi tu auras moins de colère ou de chagrin…»
Ou alors, j’explique pour me dispenser de présenter des excuses, de prendre ma part de responsabilité dans l’échange ou simplement d’écouter l’émotion de mon interlocuteur : « Comment peux-tu dire que tu es blessé alors que j’affirme que j’avais une (bonne) raison d’avoir agi ou parlé ainsi ? »

À nouveau je préfère parler des raisons de mon retard (circulation, météo, circonstances ...) que d’entendre les effets de ce retard (frustration, gêne…)

Avec des explications, je voudrais porter secours à mon interlocuteur. En fait ces explications nous privent souvent l’un et l’autre de nos émotions  :
larmes, expressions de la peur, paroles de protestation.

Je veux protéger l’autre de ces manifestations et en faire moi-même l’économie, oubliant qu’elles sont d’abord sources d’énergie.